La plupart des historiens du château retiennent 1246-1250 comme dates de construction et E. Hering l’attribue à Alexandre de Stahleck-Dicka alors avoué de l’abbaye d’Andlau.
Il convient cependant de remarquer que la première mention formelle du château ne date que de 1322 en instituant Henri de Stahleck-Dicka en qualité de seigneur du Spesbourg.

La famille de Dicka n’est pas originaire d’Alsace. Depuis le XIIème siècle, elle fournit des dignitaires aux églises cathédrales dans la haute et moyenne vallée du Rhin. Henri de Stahleck-Dicka est d’abord chanoine de Mayence avant d’acquérir cette dignité à Strasbourg en 1238. A cette date , les intérêts en Alsace de la famille Stahleck-Dicka ne sont ni territoriaux, ni patrimoniaux. Avec l’accession au siège épiscopal, la liste des privilèges pour la famille s’allonge considérablement, des alliances sont conclues avec les Landsberg, les Windstein, les comtes de Werde…
C’est dans ce contexte que Henri de Stahleck-Dicka inféode son frère Alexandre du droit d’avouerie sur l’abbaye d’Andlau. Alexandre est cité plusieurs fois dans les chartes épiscopales entre 1255 et 1259, et c’est en mars 1258 qu’il se voit transférer à son fils et à vie l’office de Burgrave qu’il occupe. Nous sommes au milieu du XIIIème siècle et dans l’impossibilité de dire si à cette époque les de Dicka se sont constitués une seigneurie foncière dans la région d’Andlau car leurs titres de biens datent tous du XIVème siècle.

Bibliographie :
Charles-Laurent SALCH , Le Château de Spesbourg, architecture et histoire, Chantiers d’Etudes Médiévales, n°14, 1977